Dream / Rêve

If God does not exist,
if I sleep for all eternity
and never watch the Dawn,
never,

I don’t mind.
I’m glad to say
I dared to believe
and so did the Stars.

O Light, I did love you!
And Love was
my most beautiful
Dream.

© Frédéric Georges Martin

~

Si Dieu n’existe pas
si le Sommeil est long,
sans que jamais je ne voie l’aube,
jamais,

je suis heureux
d’avoir osé croire
et de savoir
que les étoiles aussi.

Lumière, je t’ai tant aimé !
Et l’Amour fut
mon plus beau
Rêve.

© Frédéric Georges Martin

~

Instant de lumière © 2018– F.G.M.

 

Garden of Words / Le Jardin

Let there be a Garden.
A Garden of Words
where the breeze blows slowly
and time goes back.

Ivy covered walls and a bench
facing the beautiful sunrise,
jasmine and clematis
climbing up old pear trees,

small white roses
humbly standing in the light
and shy patient ferns
with closed eyes.

A place like this is rare.
But now we can find it.
Please come whenever you like.
I will always be there.

© Frédéric Georges Martin

~

De ces quelques mots
je fais un jardin.
Un jardin caché derrière
un mur de lierre.

J’y ai planté du jasmin
qui grimpe dans un vieil arbre sage
et j’y ai mis un banc
d’où l’on voit peut voir

le soleil levant.
Et de petites roses blanches,
et de patientes fougères
aux grands yeux fermés.

Viens !
Ce jardin est le tien.
Et toujours tu pourras
m’y retrouver.

© Frédéric Georges Martin

September Farewell / Adieu Septembre

It’s not springtime
yet Spring is in the air.

Birds seem not to care
and roses confuse
dreams with reality.

But shadows lengthen
and the robin’s heart
beats faster and faster.

September farewell.
There so little time left.

© Frédéric Georges Martin

~

Un air de printemps
flotte sur le jardin.

L’oiseau semble indifférent
et la rose prend
ses rêves pour la réalité.

Mais les ombres s’allongent
et le cœur du rouge gorge
bat la chamade.

Adieu Septembre.
Il reste si peu de temps.

© Frédéric Georges Martin

~

Ombre© 2018– F.G.M.

God loves Gardens / Dieu aime les Jardins

Men like to build stone temples
with heavy studded doors
that they close properly
when they pretend to worship.

Do they really love each other?
Walk your own way and go
where the gardener kneels
every day,

where the Tree grows slowly,
where the Flower chants humbly
and where the patient Star shines
for every Pilgrim:

God loves Gardens.

© Frédéric Georges Martin

~

Les hommes aiment construire
des temples de pierre
avec de lourdes portes cloutées
qu’ils ferment au jour de la prière.

S’aiment-ils vraiment les uns les autres ?
Passe ton chemin et va,
là où le jardinier
chaque jour s’agenouille,

là où l’Arbre grandit lentement,
où la Fleur psalmodie humblement
et où l’Etoile patiente brille
pour chaque pèlerin :

Dieu aime les jardins.

© Frédéric Georges Martin

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illustration: Stained Glass Window (The Mysterious Garden)
(Odilon Redon, c1905)

Not far from the Sea / Non loin de la Mer

Not far from the sea
we’ll live in a place of light
and gentle peace.
Behind whitewashed walls
I will plant wild lavender
and myrtle,

and sometimes before
fire angels open
the gates of dawn
shiny stars will fall
from ebony skies –
I saw them in a dream!

Thus we’ll grow old and wise
and neither Night nor Death
shall be able to separate us.

© Frédéric Georges Martin

Non loin de la mer
nous vivrons dans la lumière
et dans la paix.
Derrière des murs blanchis à la chaux
j’aurai planté des lavandes sauvages
et du myrte,

et parfois,
avant que des anges de feu
ouvrent grand les portes de l’aube,
de brillantes étoiles tomberont
des cieux d’ébène.
En rêve, je les ai vues !

Ainsi nous vieillirons ensemble
et ni la Nuit ni la Mort
ne pourront nous séparer.

© Frédéric Georges Martin

El Atlántico Infinito

¡Atlántico infinito, tú que mi canto ordenas! (Tomás Morales)

When I saw Him again
El Atlántico infinito
neither salt nor blueness
burned my eyes.

The forceful Wave
did not break my heart
but the wind went through
my body

and my soul
dissolved into vast space
sang the Song of eternal Life
El Atlántico infinito.

© Frédéric Georges Martin

~

¡Atlántico infinito, tú que mi canto ordenas! (Tomás Morales)

Et quand  je L’ai revu
El Atlántico infinito
ni le sel ni l’azur
ne m’ont brûlé les yeux.

La vague violente
n’a pas brisé mon coeur,
mais le vent a traversé
mon corps

et mon âme
en l’infini dissoute
a chanté le chant de la vie éternelle
El Atlántico infinito.

© Frédéric Georges Martin

la mer à Puerto de la Nieves © 2017– F.G.M.

Evening Light / Lumière du Soir

Between the end of the day
and the beginning of night
Love is made visible
and the soul-stuff is palpable.

Angled light, lengthening shadows.
Tranquil harmony of purple sounds:
peace and mystery rule the garden,
echoes of the sunset heal all wounds.

Evening Light.

To see is to love.

© Frédéric Georges Martin

~

Elle ressemble à l’étoffe
dont les âmes sont faites.
Les jardins qu’elle inonde
se font miroirs de l’Autre Monde

et quand elle s’unit au Silence
l’Amour rendu visible
soudain n’est plus
indicible.

Lumière du soir.

Voir c’est aimer.

© Frédéric Georges Martin

~

illustration: Sunset at Sent Charlez. Eragny
(Camille Pissarro, 1891)