A Ray of Sunshine / Un rayon de soleil

Before I leave
I will pack my suitcase.
I will take the breeze of our
most beautiful Summer,

silk memories
genuine laughs
the scent of a rose
and the fifth name of God.

Thus I will travel light.
And when I get there,
you will tell me
warm words of welcome.

Here
you don’t need anything.
The Sun shines.
Now you are

a ray of sunshine.

© Frédéric Georges Martin

~

Avant de partir
je ferai ma valise.
J’y mettrai la brise
de notre plus bel été,

des souvenirs de soie
le rire de nos âmes
le parfum d’une rose
et le cinquième nom de Dieu.

Ainsi je voyagerai léger.
Et quand j’arriverai
vous me direz des mots
gentils et chaleureux.

Ici
tu n’as besoin de rien.
Il fait beau.
Désormais tu es

un rayon de soleil.

© Frédéric Georges Martin

La beauté de la Nuit / Ash-Wood Puppets

et nous aurons vécu
pantins en bois de frêne
touchés par le feu des étoiles
dissous dans la Lumière
pour que le Ciel apprenne

la beauté de la Nuit

© Frédéric Georges Martin

~

ash-wood puppets

touched by the fire of stars
dissolved in Light
we live then die
so that the Sky may know
how beautiful the Night is

© Frédéric Georges Martin

1980

.

Avril. Train de banlieue.
Dernier printemps, ton hiver.
1980. Au revoir Isabelle :
ton âme n’est plus éternelle.

Novembre. Le temps a passé
et nos parents sont au ciel.
Infini bleu, soleil couchant :
le monde est couronné de lumière.

1980. Sombre éternité.
Mais je suis resté ton frère.
Lumière, autre nom de l’Amour.
Lumière, et ta vie recommence.

© Frédéric Georges Martin

~

April. Suburban train.
Last Spring, your Winter.
1980. Isabelle’s farewell.
Her soul has gone.

November. Many years later.
Our parents in Heaven.
Blue Infinite. Sunset.
A world crowned with Light.

1980. Dark eternity.
But I’m still your brother.
Light. Another word for Love.
Light. And your life begins again.

© Frédéric Georges Martin

~

llustration: Ophelia (John-William Waterhouse, 1889)

La Rivière / The River

La Source est généreuse,
le rivage est paisible,
l’eau chante et court
et c’est un flot d’amour.

qui ne tarit jamais.

Et si doucement je m’endors,
vous trouverez toujours
au bord bleu de la Nuit
ou dans le mot rivière

mieux que de l’or, de la Lumière.

© Frédéric Georges Martin

~

Bountiful Spring
peaceful Shore,
Love flows, waters sing
and never run dry.

And if I gently fall asleep

you will always find
on the blue edge of the Night
or in the word river
something better than gold,

you will find some Light.

© Frédéric Georges Martin

~

illustration : River Landscape (Gustave Courbet, 1869)

Un rêve d’enfant / A Child’s Dream

Je fais souvent ce rêve,
vous venez à la maison,
vous passez le portillon,

nous allons au jardin.
Je vous montre le chêne,
les violettes, les mûres.

Je pourrais presque vous entendre.
Que la lumière est belle
et que tout est joli !

Mais dans la pénombre
tout n’est que silence.
Ce n’était qu’un rêve,

un rêve d’enfant.

© Frédéric Georges Martin

~

I often have a dream that
you’re coming by the house,
you go through the door,

we walk around the garden.
I show you the oak tree, the violets
and the blackberry bush.

I could almost hear your voice.
“What a wonderful light!
Everything’s so nice!”

But everything’s so silent
 in the twilight.
It was just a dream,

a child’s dream.

© Frédéric Georges Martin

~

illustration: Houses in Auvers (Vincent Van Gogh, 1890)

A Place of Mystery / Un lieu de mystère

Harebell
love-in-a-mist
wild marigold
incredible cosmos.

It’s a mess of flowers,
a colorful animated painting
loved by the butterflies,
a Place of Mystery.

There, the soul of a little bird
can get some rest,
and the sky never ends
above its grave.

© Frédéric Georges Martin

~

Campanule
nigelle
souci des champs
incroyable cosmos.

C’est un fouillis de fleurs,
un vivant tableau de couleurs
aimé des papillons,
un lieu de Mystère.

Là, l’âme d’un petit oiseau
trouve quelque repos,
et le ciel est immense
au dessus de sa tombe.

© Frédéric Georges Martin

La mort du Cœur / The Death of the Heart

Quand on porte en soi
ce qui est
plus lourd que la tristesse
plus sombre que la Nuit

et plus froid que la mort,
nul ne peut comprendre
comme il est difficile
de se forcer à sourire.

Un rayon de soleil
se fait couteau
qui remue dans la Plaie,
et le Cœur lentement

meurt.

~

As you have to deal
with something
heavier than sadness
darker than the Night

and colder than death
nobody can understand
how hard it is
to force yourself to smile.

A single ray of sunlight
rubs salt into the Wound
and the Heart
slowly

dies.

© Frédéric Georges Martin

~

illustration: The Absinthe Drinker (Picasso, 1902)