Jardin de cendres / Garden of Ashes

Dans le jardin de cendres
les fleurs vivent dans le déni.
De leurs vives couleurs
monte un parfum d’insolence :
contre la sombre évidence,
elles ne croient qu’en la Vie.

Dans mon jardin de pierres
je veux vivre comme elles,
mentir à la Mort
et au noir crépuscule oser parler à Dieu
pour lui dire en retenant mes larmes
“le Paradis c’était ici”.

© Frédéric Georges Martin

~

In the garden of ashes
flowers live in denial.
They have vibrant colors
and a fragrance of insolence:
against the dark evidence
they only believe in Life.

In my stone garden
I want to live like them,
I want to lie to Death
and if I can hold my tears back
at dusk I will tell God
“Heaven was Here”.

© Frédéric Georges Martin

~

Illustration: Corner of a Garden (John Singer Sargent, c.1879)

A Ray of Sunshine / Un rayon de soleil

Before I leave
I will pack my suitcase.
I will take the breeze of our
most beautiful Summer,

silk memories
genuine laughs
the scent of a rose
and the fifth name of God.

Thus I will travel light.
And when I get there,
you will tell me
warm words of welcome.

Here
you don’t need anything.
The Sun shines.
Now you are

a ray of sunshine.

© Frédéric Georges Martin

~

Avant de partir
je ferai ma valise.
J’y mettrai la brise
de notre plus bel été,

des souvenirs de soie
le rire de nos âmes
le parfum d’une rose
et le cinquième nom de Dieu.

Ainsi je voyagerai léger.
Et quand j’arriverai
vous me direz des mots
gentils et chaleureux.

Ici
tu n’as besoin de rien.
Il fait beau.
Désormais tu es

un rayon de soleil.

© Frédéric Georges Martin

Vivant

ferns-by-the-water

Ce poème est un jardin,
un jardin derrière un mur,
un mur si facile à franchir
si l’on reste un enfant.

On peut y voir
tout de lumière, l’iris blanc
et même le noyer,
celui qu’avait planté mon père,

et aussi des violettes,
celles qu’aimait ma mère,
et de grandes fougères
qui gardent une Source.

Dans ce jardin,
quelque part entre ces mots,
n’en doutez pas,
je suis et resterai vivant.

© Frédéric Georges Martin

~

illustration: Ferns by the water
Isaac Levitan (1895)