Nudité / Nakedness

Sans bien savoir pourquoi
au bord du canal
j’ai eu l’envie de m’asseoir.
Il n’était pas midi.

Un vent léger et l’eau jouaient
au jeu des songes évanouis,
quand une mouette aussi jolie qu’un ange
tout près de moi s’est approchée.

Mais l’oiseau s’est envolé,
la brise a gagné la partie,
laissant mon âme seule
et nue.

Une passante un peu pressée
s’est retournée
et je me demande encore
ce qu’elle a vu.

© Frédéric Georges Martin

~

Without knowing why,
I felt like sitting
on the banks of the canal.
It was almost noon.

A light wind and the water were playing
the vanishing dreams game,
when a seagull as beautiful as an angel
came up to me.

But the bird flew away,
the breeze won the game
and left my soul alone
and naked.

A woman in a bit of a hurry
looked back at me
and I still wonder
what she saw.

© Frédéric Georges Martin

~

Au bord de l’eau © 2017 – F.G.M.

Jamais trop tard / Never too late

Un matin de mai
j’ai vu sur un mur de Paris
écrit en lettres rouges
le mot AMOUR.

Cela m’a rendu triste,
triste
car d’Amour
le monde manque tant,

et j’ai soudain pensé
plein de regrets
à tous mes “j’aurais-dû”
à tous mes “j’aurais-pu”.

Alors un ange ou peut-être
cet enfant en chacun de nous
a murmuré
“il n’est jamais trop tard !”

Un matin de mai
j’ai vu sur un mur de Paris
écrit en lettres rouges
le mot AMOUR.

~

On a May morning
I saw the word LOVE
written in red 
on a wall in Paris.

That made me feel sad,
so sad
for the world craves
a Love so deep!

 And I regretfully thought
about all my 
“I-should-have” 
and “I-could-have”…

Then an angel
or maybe the child in each of us
whispered 
“It’s never too late…”

On a May morning
I saw the word LOVE
written in red 
on a wall in Paris.

© Frédéric Georges Martin

~

illustration: image chef

Enfants éternels

Je n’ai pas connu l’enfant que tu étais
mais sur une photo perdue dans un tiroir
j’ai vu que ton sourire était toujours le même.

Quelle chance avons nous de nous être trouvés
dans l’univers immense
dans la lumière du soir,

enfants éternels,
dont les âmes jumelles s’aiment,
s’aiment, bien par delà le Temps.

© Frédéric Georges Martin