Un rêve d’enfant / A Child’s Dream

Je fais souvent ce rêve,
vous venez à la maison,
vous passez le portillon,

nous allons au jardin.
Je vous montre le chêne,
les violettes, les mûres.

Je pourrais presque vous entendre.
Que la lumière est belle
et que tout est joli !

Mais dans la pénombre
tout n’est que silence.
Ce n’était qu’un rêve,

un rêve d’enfant.

© Frédéric Georges Martin

~

I often have a dream that
you’re coming by the house,
you go through the door,

we walk around the garden.
I show you the oak tree, the violets
and the blackberry bush.

I could almost hear your voice.
“What a wonderful light!
Everything’s so nice!”

But everything’s so silent
 in the twilight.
It was just a dream,

a child’s dream.

© Frédéric Georges Martin

~

illustration: Houses in Auvers (Vincent Van Gogh, 1890)

A Place of Mystery / Un lieu de mystère

Harebell
love-in-a-mist
wild marigold
incredible cosmos.

It’s a mess of flowers,
a colorful animated painting
loved by the butterflies,
a Place of Mystery.

There, the soul of a little bird
can get some rest,
and the sky never ends
above its grave.

© Frédéric Georges Martin

~

Campanule
nigelle
souci des champs
incroyable cosmos.

C’est un fouillis de fleurs,
un vivant tableau de couleurs
aimé des papillons,
un lieu de Mystère.

Là, l’âme d’un petit oiseau
trouve quelque repos,
et le ciel est immense
au dessus de sa tombe.

© Frédéric Georges Martin

Lettre au Marchand de Sable / Letter to the Sandman

Cher Marchand de Sable,

puisque je dois mourir,
je peux bien tout vous dire.
J’étais l’enfant de la mer,
roi de royaumes immenses.
Mais le vent a tourné
et mon coeur
tel un bateau de cristal
en mille éclats
sur le récif s’est brisé.
Mon rêve est une île trop lointaine,
je ne vois plus l’étoile du Berger.
Ce soir Dieu m’abandonne,
alors, sans aucun regret,

mon âme, je vous la donne.

~

Dear Mr Sandman

because I have to die
I can tell you everything.
I was the Child of the Sea,
the King of infinite realms.
But winds were harsh
and unforgiving. The tide turned,
and like a crystal boat
running aground the reef
my heart shattered
into a million pieces.
My dream is an island too far,
I lost sight of my lucky star.
Tonight God has forsaken me
and without any regrets

I give you my soul.

© Frédéric Georges Martin

Dans un Jardin / In a Garden

Un soir d’été,
peut-être en juillet,
quand la lumière faiblissante
apaise tout,

après avoir touché la terre
et les arbres,
et senti la brise
s’élever jusqu’aux étoiles,

dans ce fin brouillard bleu,
qui fait la beauté
d’un jardin avant la Nuit,
paisiblement,

j’aimerais quitter le monde.

~

On a Summer evening
maybe in July
when the dimming Light
heals everything

after I touched
trees and soil
and felt the breeze
rising up to the stars

in the blue mist that makes
a garden before the Night
such a peaceful place
I would like to leave

the world behind.

© Frédéric Georges Martin

~

illustration: Garden of Dreams
(Eyvind Earle, 1990)

Vivant

ferns-by-the-water

Ce poème est un jardin,
un jardin derrière un mur,
un mur si facile à franchir
si l’on reste un enfant.

On peut y voir
tout de lumière, l’iris blanc
et même le noyer,
celui qu’avait planté mon père,

et aussi des violettes,
celles qu’aimait ma mère,
et de grandes fougères
qui gardent une Source.

Dans ce jardin,
quelque part entre ces mots,
n’en doutez pas,
je suis et resterai vivant.

© Frédéric Georges Martin

~

illustration: Ferns by the water
Isaac Levitan (1895)

Notre Infini / Our Infinite

Est-ce lumière du soir ?
Ou lumière du matin ?
Et cette voix silencieuse,
un signe, un guide, un ange?

Océan, je m’interroge.
Etoiles, je m’émerveille.
Lumière.
Ainsi naquit le monde.

Il n’y a ni temps ni espace.
Vraie Vie, pure Grâce,
et mon coeur s’emplit de joie :
l’amour est tout, il est

notre infini.

~

Sunset, sunrise.
Which light does it resemble?
And what about this silent voice.
Is it a sign, a guide, an angel?

Ocean, I’m wondering.
Stars, you enthrall me.
Light.
And thus was born the world.

There is neither time nor space,
true Life, pure Grace,
I’m full of the joys of Spring,
love sustains everything :

it is our Infinite.

© Frédéric Georges Martin